L’IBSR: lobby auto, antivélo (#TêteLibre)

Où l’on explique en quoi l’Institut belge pour la sécurité routière a pour mission « de favoriser le développement et la diffusion de la locomotion automobile ». Et où l’on revient, à la lumière de cela, sur sa campagne pour interdire aux enfants et ados de faire du vélo sans casque.

S’en prendre à l’IBSR, c’est toucher au sacré. L’Institut belge pour la sécurité routière, c’est notre source nationale de philosophie appliquée. C’est l’alpha et l’oméga du développement personnel, qui nous enseigne mieux que l’école la courtoisie et la rigueur, la concentration et l’anticipation. Prétendre que cette noble institution est un vilain lobby de l’industrie auto, c’est presque aussi grave que d’accuser l’Eglise de couvrir les prêtres pédophiles (pardon ami catho, je ne le referai plus, promis). Insensé. C’est pourtant ce que je m’apprête à faire.

Qu’est-ce qui peut m’armer d’assez de hargne pour lancer la fronde sur un tel totem ? Une campagne. Menée tambour battant, je vous le donne en mille, par le totem en question. L’IBSR a lancé une offensive de presse pour l’obligation du port du casque pour les cyclistes de moins de 14 ans. Une question de bon sens, comme dirait Maïté. Une connerie, comme je dirais. Une mesure contre-productive comme diraient les associations de cyclistes, qui font beaucoup d’efforts pour se rendre respectables.

Peut-être que l’@IBSR a raison. Peut-être qu’il faut forcer les gamins à porter de la frigolite sur la tête. Peut-être que le @Gracq, le @Fietsersbond et moi sommes scandaleusement irresponsables de nous opposer à cette mesure de sens commun – on parle de la sécurité de nos enfants, merde !

Mais avant d’entrer dans le fond du débat, moins con qu’on pourrait le croire, il est intéressant de se poser une question préalable: qui est cet Institut qui décide tout à coup de se lancer dans une campagne pour le bien-être des jeunes cyclistes ?

Qui parle ?

L’Institut belge pour la sécurité routière n’est pas un organisme d’intérêt général qui pose un diagnostic neutre sur la sécurité des usagers de la route. L’IBSR est une entreprise privée (une SCRL-SFS pour être exact – merci à @MdM_LeSoir de l’avoir relevé dans un article). Depuis l’an dernier, son capital fixe est détenu à 60% par le Royal automobile club de Belgique.  (0)

Ca m’a fait un choc de l’apprendre, je vous laisse accuser le coup si vous ne le saviez pas.

J’espère qu’on me pardonnera de faire le raccourci, mais quand votre belle-mère (le @RACB) s’est donné la mission « de favoriser le développement et la diffusion de la locomotion automobile », elle vous la transmet forcément. De gré ou de force.

karin.pngLes autres parts de l’Institut sont détenues par la société Secur-Advice (une SPRL de droit commun) créée par la N-VA @KarinGenoe – par ailleurs directrice de l’IBSR. Je vous laisse apprécier en image (ci-contre) à quel point la campagne pour l’imposition du casque est importante pour cette diplômée en Business Administration à la Harvard Business School et la Vlerick Management School dont le gros du métier consiste à conclure des partenariats avec d’autres boîtes et à marchander (en 2015 déjà, 58% des revenus de l’IBSR provenaient de la vente de produits et services à des tiers).

Autre source potentielle de conflit d’intérêt dans ce dossier: l’Institut possède un “laboratoire Casques”, dont la tâche est d’homologuer les casques, vélo notamment, pour permettre aux constructeurs de les vendre en Europe.

« De ce fait, si le port des casques vélo pour enfants est obligatoire, inévitablement, il y aura plus de modèles de casques vélos sur le marché et donc aussi plus de demandes d’homologation », me fait remarquer par courriel un ancien employé de l’IBSR. Qui explique avoir démissionné notamment en raison « du caractère commercial qui était devenu omniprésent » au sein de l’Institut.

Alors, neutre et désintéressé, l’IBSR ?

L’Institut bénéficie toujours d’une dotation publique, mais des doutes sur sa capacité à garantir l’indépendance de ses recherches ont été émis jusqu’au Parlement fédéral (voyez cette question écrite du député @JefVandenBergh, CD&V, restée sans réponse à ce jour). Et on se retient ici de verser au dossier cette enquête sur l’IBSR ouverte par le parquet de Bruxelles sur base d’accusation de conflits d’intérêts (aucune idée d’où cette histoire en est).

*

Face à un tel profil, je me laisse doucement glisser sur le toboggan du procès d’intention.

Finalement, le bon sens de l’IBSR c’est peut-être un peu comme celui de Maïté : supposons un instant que cette sympathique ménagère de plus de 50 ans soit à la solde d’une puissance occulte – je sais pas moi, Bonux par exemple… Et si la campagne de l’IBSR n’était qu’un pion avancé par l’industrie automobile pour servir ses intérêts ?

Le mobile ? Freiner l’extraordinaire expansion du vélo, pardi ! On va y revenir.

En attendant, un élément m’intrigue dans le communiqué de l’Institut que toute la presse belge a repris, parfois sans prendre la peine d’exposer de point de vue contradictoire (poke @Belga, @RTLinfo, @RTBFinfo & co.). L’IBSR assure qu’en Belgique, “au moins 700 enfants” à vélo sont impliqués chaque année dans un accident de la route. L’institut fait référence à une « étude » menée en interne, mais ne la rend pas publique. Etonnamment, l’ordre de grandeur est le même pour la Belgique que celui  avancé par Volvo dans une campagne similaire menée en 2010, mais aux Pays-Bas cette fois. C’est peut-être un hasard mais qu’on me pardonne, en attendant que l’IBSR publie ses sources, si je me laisse glisser dans le complotisme primaire : Volvo apparaît en deuxième position sur la liste des “partenaires” de l’IBSR (derrière le roi du pétrole Q8).

Sur Twitter, j’ai demandé à l’Institut et son porte-parole, Benoît Godart, s’ils pouvaient dissiper le brouillard sur ce point, s’il n’y aurait pas un lien entre leur étude indépendante et la marque suédoise du groupe Chinois Geely Holding :

Pas de réponse. C’est simple: l’Institut n’a jamais répondu aux questions et sollicitations que je lui ai envoyées – à ce sujet et à d’autres – depuis juin 2016. Ils doivent croire que je les trolle. (Mais attendez… Peut-être que je les trolle, en fait ?)

Bien. Tout cela est fort intéressant mais ne nous dit pas : 1) en quoi le lobby automobile aurait intérêt à ce que les bambins sortent couverts et 2) en quoi une telle obligation nuirait à l’intérêt général.

Interdire les cheveux au vent

Le fond de l’affaire, donc ? On y arrive.

**DISCLAIMER**

L’auteur de cet article n’est pas opposé au port du casque à vélo : il en porte un lui-même la plupart du temps et en fait porter à ses enfants. Les lignes qui suivent ne remettent pas en cause l’utilité du port du casque pour les mineurs qui font du vélo.

**DISCLAIMER**

La question que nous pose l’IBSR n’est pas de savoir s’il est souhaitable qu’un enfant porte un casque lorsqu’il fait du vélo. La question que pose l’IBSR – et dont le ministre des Transports @FrançoisBellot ne devrait pas tarder à s’emparer – est de savoir s’il faut interdire aux moins de 14 ans de faire du vélo cheveux au vent.

À Bruxelles, sept enfants sur dix portent le casque à vélo, selon l’Institut : forçons la main aux trois récalcitrants. Si ça peut diminuer la gravité des blessures en cas d’accident, pourquoi ergoter ?

C’est vrai ça, pourquoi ergoter Maïté ? À ce stade, il faut rappeler un principe général démontré par moult études: plus il y a de vélos sur les routes, plus les cyclistes circulent en sécurité. Les automobilistes sont habitués à leur présence, ils apprennent à garder leurs distances, le trafic est globalement ralenti, les infrastructures sont adaptées. Les associations cyclistes se battent donc contre tout ce qui pourrait infléchir le nombre de vélos dans les rues. Or l’obligation généralisée du port du casque est très clairement un facteur de diminution du trafic – donc d’augmentation du danger pour le cycliste. Contrairement à ce qu’on pourrait penser instinctivement, l’obligation du port du casque peut donc contribuer à augmenter le risque de monter en selle.

nlle zélandeNos amis les Kiwis nous en offrent un cas d’école. À l’autre bout de la planète, des dirigeants ont décidé d’imposer le port du casque à tous et comme par magie, le nombre de cycliste a chuté et la courbe des blessures de cyclistes s’est mise à mimer le Mont Ventoux… (Merci à Regodroid pour cette trouvaille du site Road Danger Réduction Forum)

Pour prendre un exemple opposé, le casque n’est obligatoire pour personne aux Pays-Bas, et dans ce pays, la majorité des enfants et adultes font du vélo la tête libre. Or c’est le pays du monde où le trafic cycliste par habitant est le plus élevé et où le nombre de cyclistes tués par milliard de kilomètre parcourus à vélo est le plus faible, selon une étude de l’OCDE qui portait sur la fin des années 2000.

Voyez ce que m’en dit @Jaap Kamminga, du @Fietsersbond, avec qui j’ai échangé par courriel:

« Comme association cycliste, nous pensons que même la promotion du casque ne devrait recevoir aucune attention, parce qu’elle donne le signal que rouler à vélo pourrait être dangereux, ce qui n’est clairement pas le cas, en particulier aux Pays-Bas. »

*

Mais vous me direz que je m’écarte du sujet du jour, et vous aurez raison. Même si l’IBSR cache peu son penchant pour une généralisation de l’obligation du port du casque, la cible de sa campagne de presse, ce sont les moins de 14 ans.

Or l’argument massue de l’Institut, c’est que rien ne prouve qu’une obligation du port du casque pour les enfants aurait un impact négatif sur le nombre de cyclistes.

“Il n’existe aucune étude – je mets au défi quelqu’un de trouver une étude à ce sujet – qui montre que l’imposition du port du casque pour les enfants a eu un effet dissuasif sur la pratique du vélo”, a lancé le porte-parole de l’IBSR, @BenoitGodart, au cours d’un débat sur La Première mené par @FabLambert.

Donc, derechef : pourquoi ergoter, Maïté ?

D’abord parce que @Zinnebike adore relever les défis.

Les études en la matière ne sont pas légion, mais il y en a. Aux États-Unis, le National Bureau of Economic Research a analysé en 2010 l’effet de l’obligation du casque chez les mineurs dans plus de vingt États américains. Conclusion: « Ces lois ont réduit de manière significative le nombre de jeunes cyclistes » et la baisse serait de 4 à 5%. Une autre étude menée dans la province canadienne de l’Alberta a montré que l’utilisation du vélo chez les mineurs a baissé devant les écoles et sur les itinéraires de navetteurs après l’adoption d’une législation similaire. Des comptages menés dans la ville d’Edmonton, ont montré une diminution de 59% (!) des enfants (moins de 13 ans) sur des vélos.

Défi relevé, donc. Y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?

arEn 2005, la Suède a rendu le port du casque obligatoire pour les moins de 15 ans. Depuis lors, la pratique du vélo a reculé chez les 6-14 ans pendant qu’elle augmentait globalement chez les adultes. Bien sûr, ça veut pas dire charette: plusieurs facteurs peuvent jouer. Mais on notera que sur la même période, le nombre de trajets à vélo vers le travail a augmenté pendant que le nombre de trajets vers l’école a diminué (si vous lisez le suédois, l’étude est ici). On observe par ailleurs une diminution générale de la pratique du vélo chez les moins de 45 ans depuis le début des comptages, au milieu des années 1990, alors que les campagnes nationales de promotion du port du casque ont commencé peu avant.

Le défi est relevé, mais soyons de bon compte: si les données dont on dispose laissent penser qu’une corrélation existe entre l’obligation du casque chez les enfants et la diminution de leur pratique du vélo, elles ne suffisent pas à l’établir (1).

Stop.
La fin de cet article approche.
Il est plus que temps de tordre le cou à un canard.
(Âmes sensibles, s’abstenir.)
(Ami vegan, si tu as survécu au « Lièvre et la Tortue », tu peux poursuivre sans peur.) 

*

La crainte d’un (léger) fléchissement de l’utilisation du vélo chez les jeunes n’est pas le coeur de la question. Si c’était le seul effet pervers d’une obligation du port du casque chez les 14 ans et moins, je n’aurais pas pris le temps d’écrire tout ça. L’enjeu, c’est l’environnement que l’on veut bâtir – ou détruire – pour le vélo.

L’espoir que nourrit la communauté cycliste, c’est d’assister à une mutation de l’espace public en un havre de paix pour la mobilité douce (comme ici par exemple). L’espoir, c’est un futur pas si lointain où la généralisation des zones 30 en ville, l’éducation des automobilistes et l’adaptation des infrastructures permettront à la petite reine de retrouver le trône paisible qu’elle mérite. Un futur pas si lointain où de plus en plus de cyclistes finiront par abandonner le casque parce qu’ils en verront de moins en moins l’utilité. Comme dans les grandes villes danoises, où seuls 27% des cyclistes portent un casque parce que rouler à vélo n’y est pas significativement plus dangereux que marcher dans la rue.

Inscrire le port du casque dans la loi, fût-ce seulement pour les enfants, c’est tuer cet espoir. C’est envoyer le signal que faire du vélo pour ses déplacements quotidiens est officiellement reconnu comme une activité dangereuse et que c’est au cycliste d’en tirer les conséquences.

L’argent que l’on placerait dans des campagnes d’information au public sur l’obligation de porter le casque puis dans le contrôle de l’application de cette mesure, on ne le mettrait pas dans la sensibilisation des automobilistes à l’importance de tenir ses distances lorsqu’on dépasse un vélo. Ou à l’emportiérage (vous savez, quand le deux-roues se prend la porte de voiture ouverte à pleine volée).

Bref, obliger le port du casque pour les jeunes, c’est de l’énergie gaspillée pour faire un pas dans la mauvaise direction.

Tête, épaule et genoux pieds – dans la porte

Venons-en au mobile de l’IBSR et de l’industrie auto : qu’est-ce qui peut bien me faire suspecter/craindre/penser que tout cela est une opération hostile à l’égard des cyclistes ?

J’ai du mal à dissocier le fait que l’IBSR mette toute son ardeur dans cette campagne du fait qu’à l’échelle mondiale, l’industrie automobile mène depuis plusieurs années un lobbying actif pour imposer le port du casque pour les cyclistes. En Europe, elle gagne du terrain: le 22 mars, la France passe à l’obligation de sortir casqué pour les moins de 12 ans, ce qui porte à treize le nombre de pays européens qui se sont laissés convaincre d’aller dans cette direction (essentiellement des pays d’Europe centrale).

Or je ne suis pas le seul à craindre qu’une obligation pour les jeunes ne soit qu’une étape vers une obligation plus large. Pourquoi s’arrêter à 14 ans ? Et au fond, pourquoi pas loger tous les cyclistes à la même enseigne ? – on parle de la sécurité des gens, merde !

Après le pied dans la porte, le genou, les épaules et la tête. La protection de nos enfants, qui ne laisse personne insensible, est un point d’entrée facile pour ouvrir la voie à une obligation généralisée: la moitié des personnes interrogées par l’IBSR y sont favorables souligne l’Institut – comme si l’avis des automobilistes pouvait légitimer une mesure contre-productive. Exige-t-on des piétons qu’ils portent un casque ? Et les automobilistes eux-mêmes ? Le risque de traumatisme crânien en cas d’accident est pourtant similaire pour les trois modes de locomotion. (2)

Mais l’obligation du casque n’est pas contre-productive pour tout le monde. Si l’on se projette du point de vue purement cynique d’un vendeur de voitures – ce que j’ai peu de scrupules à faire – l’obligation du casque a le potentiel de freiner l’augmentation du nombre de cyclistes sur les routes et donc les velléités d’adaptation de l’espace public en faveur de la mobilité douce et au détriment de la voiture. (3) Et le message sémiotique ne sera pas perdu pour tout le monde: quand on est un simple cycliste, on se couvre face au dieu auto.

@Zinnebike

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N.B.1. Ce post a fait l’objet d’une édition pour enrichissement le 8 mars 2015.

N.B.2. Gloire: suite à ce post, la presse quotidienne nationale a ouvert ses colonnes au débat. Une microréaction de l’IBSR-qui-fait-mine-de-ne-pas-y-toucher me permet de faire advancer la discussion. Soif d’en lire plus ? C’est par ici !

***
(0)

Retrouvez l’acte publié au Moniteur Belge: dénomination=IBSR ; numéro de publication=0066354.

(1)

J’ai posé la question à plusieurs associations de cyclistes européennes, notamment dans des pays où le casque est devenu obligatoire pour une partie des mineurs. Toutes ne m’ont pas répondu, mais les Lettons (Latvian Cyclists’ Union @Divritenis), Tchèques (Czech Environmental Partnership Foundation @Partnerstvi), Slovaques (@NadáciaEkopolis) n’ont aucune donnée. Mon contact à l’European Cyclist Federation (@EUCyclingFed) n’avait pas non plus d’étude européenne sous la main. Si vous disposez de données sur le sujet, merci de me le faire savoir.

(2)

Citons deux études de 2006  qui me passent sous le lorgnon. L’une est française et montre qu’en cas d’accident, les automobiliste étaient 24% à être blessés au crâne contre 17% des cyclistes. L’autre est allemande et relève que les accidents de la route représentent 26,3% des traumatismes crâniens. Dont 12% d’automobilistes, 9% de cyclistes, 3% de piétons et 2% de motards.

(3)

Il est même possible de faire d’une pierre deux coups : si le constructeur Volvo se bat pour imposer un modèle sécuritaire et empêcher les modèles néerlandais et danois d’essaimer, c’est peut-être aussi dans l’optique de vendre ses nouveaux casques connectés, qui préviennent le cycliste qu’une voiture approche et qu’il faut donc redoubler de prudence…

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28 réflexions sur « L’IBSR: lobby auto, antivélo (#TêteLibre) »

  1. J’avais déjà remarqué que ce ne serait pas l’IBSR qui enverrait des messages pour limiter la pollution dûe aux bagnoles. Comme par exemple, quand Benoit Godart interrogé par la RTBF évite de conseiller aux automobilistes de couper leurs moteurs à l’arrêt, ou d’encourager le co-voiturage.
    Sécurité « routière », certainement pas sanitaire.

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  2. Salut,

    Je découvre ton blog grâce à la magie des réseaux sociaux. Merci pour ce post super intéressant. Je ne savais pas que l’ibsr était une entreprise privée ! c’est une info super importante. Je bosse dans la communication, et j’ai eu l’occasion par le passé de bosser sur les questions de communication dite « socio-educative » (par opposition à la pub commerciale, c’est la comm qui vise a éduquer, à faire évoluer les comportements). Dans ce domaine là, en creusant les campagnes de sécurité routière je le suis souvent dit que l’IBSR était particulièrement mauvaise, et ne répondait à aucune règle de comm sensée dans son domaine. En fait je la vois désormais effectivement surtout comme malveillante. On se souviendra peut être de cette campagne adressée aux automobilistes qui leur demandait de faire attention aux vélos, avec une photo choc qu’un vélo d’enfants en miettes devant un pare-choc de bagnole. On pouvait y voir de la bienveillance dans l’incitation à la prudence, pourtant les effets de ce genre de campagne anxiogène n’est pas tant que les bagnoles font attention mais bien que plus aucun parent n’ose faire monter son enfant sur un vélo… Dans ce sens, la photo de casque en miettes qui illustre le compte twitter de Karin Genoe est elle aussi révélatrice: ce n’est pas une campagne pour le port du casque, c’est une campagne qui te dit que même casqué, le vélo est avant tout synonyme d’accident. Le casque n’est jamais présenté comme un outil de sécurité, le casque c’est avant tout le symbole du danger.

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  3. Excellent. Connaissez vous le travail remarquable du « Road Danger Réduction Forum » au Royaume-Uni ? Leur blog sur wordpress est disponible à rdrf.org.uk . Le Dr. Davis a réalisé une analyse de l’industrie de l’industrie de la « sécurité routière » au UK. Son livre, publié en 1993, y est disponible en téléchargement.

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  4. Pour autant que je me souvienne de son livre écrit trop vite * (« À Ciel Ouvert », Éditions Luc Pire, 2003, 144 p) après sa sortie du gouverenement, Isabelle Durant a écrit s’être appuyée sur l’IBSR, structure encore marginale qui lui semblait fondée par les assureurs: il est vrai que Touring a une activité d’assurance.
    Ceci indiquait déjà une origine privée, mais la vision de cet article est en effet plus problématique.

    * en tout cas sur la forme

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  5. Conflit d’intérêts?
    IBSR est une société privée dont 60% des parts sont détenues par le Royal automobile club de Belgique et les 30% restant par Secur-Advice dont la fondatrice est la directrice de l’IBSR!

    Faire du vélo n’est pas dangereux! Par contre il le devient au milieu des voitures qui pèsent de 1 à 3 tonne et qui roulent à une vitesse 50km/h! Et on espère protéger nos enfants avec un pauvre petit casque?

    Hélas dans un même espace la sécurité des cyclistes se fait au détriment des autos. Logiquement il faudrait d’abord diminuer la dangerosité des voitures en leur imposant un système d’arrêt automatique pour tout obstacle situé à moins d’un mètre et l’obligation de rouler à 30 km/h dès qu’elle approche d’un vélo!

    Mais bon, peut-on demander à un lobby automobile de se tirer une balle dans le pied … enfin dans la roue?

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  6. 1. Le nombre de cyclistes sur la route n’augmente pas la sécurité. Il y a une corrélation entre le nombre de kilomètres parcourus et le nombre de tués, mais pas avec le nombre de cyclistes. En effet, la corrélation peut être du aux infrastructures et/ou à l’expérience des cyclistes.

    2. Refuser l’obligation du casque sous prétexte que plus il y a de cyclistes, plus les automobilistes ont d’expériences est débile pour la sécurité des cyclistes. C’est comme refuser de mettre des zones 30 et des barrières aux abords des écoles sous prétexte qu’il y a de plus en plus d’enfants dans les écoles, et donc que les automobilistes seront plus prudents. C’est comme refuser le port obligatoire de la ceinture ou l’utilisation de l’airbag parce qu’il y a de plus en plus de voitures sur la route, que les automobilistes sont de plus en plus expérimentés.

    3. Vous vous questionnez sur l’intégrité de l’IBSR parce qu’ils proposent que les cyclistes soient obligés de se protéger sur la voie publique, mais vous ne vous questionnez pas sur l’intégrité des associations de cyclistes qui veulent qu’il y a ait de plus en plus de cyclistes ? Aberrant.

    Signé : un navetteur qui utilise tous les jours sont vélo pour rejoindre la gare depuis son domicile et depuis son travail

    NB : Outre le fait que le risque de traumatisme crânien n’est pas le même que l’on soit automobiliste, cycliste ou piéton, il est à noté que l’automobiliste possède l’airbag pour se protéger du risque de trauma crânien, et que le motard (qui est absent de votre « analyse » et qui a le moyen de locomotion le plus proche du vélo) est dans l’obligation de porter un casque.

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    1. Ami cycliste navetteur, je le suis également. Uniquement dans Bruxelles. Depuis tout petit ! Et je constate que les comportements des ‘caisseux’ ne va pas dans le bon sens… À chaque trajet hélas. Je me suis mis à mettre un casque car ils sont nuisibles pour moi et non car le vélo est dangereux. Et j’adorerais ne pas en porter ! Et je crois profondément à la force de la masse critique : plus nous serons et plus les automobilistes seront obligés passivement de réfléchir leur mobilité autrement. Et une volonté politique dans ce sens serait la bienvenue…L’auto en ville a vécu. D’autres moyens bien moins sales existent, utilisons les. Soyons le changement, soyons le moteur !

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    2. Il y a autant de différences entre une moto et un vélo qu’entre un hélicoptère et un dirigeable.

      Le motard a l’obligation de porter un casque _intégral_ car l’engin qu’il conduit a une puissance d’accélération et une vitesse de pointe sans commune mesure avec un vélocipède.

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  7. Merci pour ce billet très intéressant. Je suis moi même cycliste au quotidien, je ne serai vraiment pas content qu’un jour on m’impose un casque!
    Attention j’ai remarqué deux liens mort, « les nouveaux casques connectés » de Volvo,
    et la « question écrite du député @JefVandenBergh ».

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  8. Bonjour, je suis étonné par cette affirmation que « Le risque de traumatisme crânien en cas d’accident est pourtant similaire pour les trois modes de locomotion. ». Elle est peut-être vraie, mais elle n’est pas étayée (et je suis du genre libre-exaministe ^^).

    Auriez-vous des sources?

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    1. Bonjour Nicolas, merci pour votre réaction. Je ne suis pas expert et je ne sais pas s’il existe des chiffres pour la Belgique. Mais cette étude française montre par exemple que les automobilistes accidentés sont 24% à être blessés au crâne contre 17% des cyclistes et 26% des piétons. J’en déduit à la grosse louche que le risque est similaire. Mais les chiffres varieront bien sûr en function du degré d’hostilité des environnements pour les cyclistes.

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  9. l’info est interpellante et je suis d’accord, il faut se battre pour que les campagnes ne rendent pas le vélo plus dangereux qu’il ne l’est .. et je constate que malgré que les statistiques disant que les accidents graves arrivent en milieu rural, vous estimez qu’il y a du boulot en ville et que les statistiques ne font pas la pratique.
    Dés lors, si des statistiques disent que le casque ne sert visiblement à rien , pourquoi ne pas s’autoriser la même chose?

    Je ne vois pas en quoi le port du casque est un frein à faire du vélo ,la campagne de l’ibsr fort bien et je le déplore mais pas le casque en tant que tel comme je peux le lire sur des campagnes faussement pro-velo ou des articles de presse qui balancent des stats .
    Certes le casque ne protége pas de tout , il faut sensibiliser pour ne pas se sentir invincible avec, de son propre point de vue comme de celui de l’automobiliste et veiller à l’utiliser correctement .
    Mais, il faut déja être tombé à vélo pour en mesurer l’utilité . C’est mon cas, que ce soit en pratique sportive ou en en transport au quotidien.
    Le risque est visiblement faible , je dois avoir parcouru plusieurs centaines de milliers de km depuis que j’en porte un et j’ai du changer de casque 2 fois suite à des chutes mais au moins une fois , je pense, qu’il ma sauvé la mise.
    Comparer le risque par rapport à la moto ? on peut atteindre une vitesse non négligeable à vélo , électrique ou pas . Qui plus est , ce n’est forcément pas la vitesse qui pose un soucis lors d’un chute mais la hauteur .Sur ce point , rien qui ne soit sorti d’un bureau d’étude mais simplement les lois de physique , votre corp peut tomber plus vite que vous ne roulez.. et comme votre tête est l’endroit le plus haut pour la plupart d’entre nous , plus dure sera la chute.
    Cette vitesse la est la même pour tous que vous soyez eddy merckx ou pas.
    si vous êtes à l’arrêt et que vous tombez en étant heurté , sans pouvoir lacher les mains du guidon, c’est l’épaule et puis la tête qui prend , et l’impact et la vitesse de la chute n’est pas négligeable! même chose si vous passez par dessus.

    Il faut voir les bons cotés , le casque protége de la pluie , du froid , c’est fun on peut le décorer et ca donne un look décoiffé assez tendance une fois enlevé et … parfois il est utile .

    Bref, il faut sortir le débat du casque.
    A+

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    1. Rien qui différencie la pratique du vélo de celle de la marche ou de la course à pied. On peut tout aussi bien trébucher ou glisser et tomber de sa hauteur. Pareil dans les escaliers ou à la piscine. C’est parce que le risque est très faible que l’obligation de porter un casque est absurde. A chacun de prendre ses responsabilités (en fonction de son aversion au risque). Celles des pouvoirs publics est de développer une véritable infrastructure cyclable et de modérer et diminuer le trafic automobile (en ville).

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  10. – A quand le casque et le gilet fluo obligatoires pour les piétons? (Hahaha)
    – Protéger les moins de 14 ans d’un traumatisme crânien, mais quid des mêmes, malades de la pollution atmosphérique?
    – A quand le respect du code de la route et la suprématie du « moi je », qu’on soit en ou hors auto?
    – Ah… Lobby, quand tu nous tiens….

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  11. Article intéressant qui permet d’avoir plus de relief dans notre lecture des choses.
    Effectivement, il y a mieux à faire qu’une campagne pour imposer le casque en vélo…
    Des campagnes pour favoriser le vélo et où dans chaque campagne, on voit des cyclistes avec des casques « tunné » histoire de montrer que le casque est beau, utile, présent et pour montrer que faire du vélo est lié au casque !
    En se battant contre l’obligation du casque, on donne du l’huile au moulin des anti-vélo. En faisant des campagnes pour le vélo, des campagnes sur les bases de la sécurité routière, on ferait nettement mieux !

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    1. J’ai une proposition de campagne: inviter les automobilistes à circuler au moins une journée en ville à vélo, histoire qu’ils se rendent compte de ce que c’est. J’en ai un peu marre de me faire klaxonner parce que je prends ma place sur la chaussée, et en tant que femme, particulièrement marre des insultes sexistes qui vont souvent avec …

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  12. Et outre tout cela, vous ne parlez même pas de l’essentiel de cette mesure : « le casque protège-t-il réellement des conséquences des chutes et chocs à la tête ? »

    Parce que tout au long de plein d’articles et de textes divers, cela semble un fait acquis pour tout le monde, mais somme toute quelle preuve a-t-on de cette efficacité ?
    Car ils sont nombreux les cas où, malgré le port d’un casque, l’usager est blessé (et parfois sévèrement); par conséquent, on peut se poser la question de l’efficacité réelle du casque, ou des limites de cette protection.
    Est-ce que finalement, croire que le casque va protéger l’usager se vérifie ?

    Parce que ce serait tout de même lourd d’être obligé de porter quelque chose qui n’est finalement pas efficace et qui ne présente par ailleurs que des inconvénients, non ?

    Voici un article qui aborde le sujet de l’efficacité des casques de vélo et qui met différentes choses en lumière.

    bien à vous

    http://carfree.fr/index.php/2015/11/17/letude-qui-acheve-le-casque-velo/

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  13. Bicyclist Fatalities and Serious Injuries in New York City 1996-2005 (http://www.industrializedcyclist.com/nycreport.pdf) page 16:
    « Among the fatalities with documented helmet use, 97% of the bicyclists were not wearing a helmet at the time
    of the crash. Only 4 bicyclists who died (3%) were wearing a helmet. All child or teen bicyclists who died were
    not wearing helmets. Helmet usage is required by law for all children under 14 in New York. »

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    1. Dans le même rapport : « While interpretation is hampered by missing data, the lower level of
      helmet use in fatal crashes (3% vs. 13%) suggests that not wearing a helmet may be particularly dangerous. »

      En gros on constate une corrélation, rien de plus. Rien qui dise que le casque protège, juste que ceux qui portent un casque sont peut-être plus prudents que les autres.

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      1. Oui, voilà !
        Donc, avant d’obliger les gens à porter un casque, il faudrait d’abord vérifier qu’il y a un réel avantage, en contre-partie de ses nombreux inconvénients.

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